Quoi de mieux que profiter des montagnes sur plusieurs jours ? faire corps avec les éléments, découvrir les paysages sous différentes lumières, et ramener les plus belles photos.

Je vous présente aujourd’hui quelques petits conseils pour choisir son matériel bivouac montagne 3/4saisons.

Mon point de vue et mes conseils sont évidemment dépendants de mon approche personnelle du bivouac montagne et de ma pratique de la photographie. Ils ne sauraient satisfaire tout le monde. Les liens de l’article ne sont pas affiliés, ils sont juste présents pour illustrer.

1. Petit rappel sur le bivouac en montagne et sa législation

Avant de parler matériel, je vous recommande de lire cet article « Législation / Conseils sur la pratique du camping sauvage en France » du site www.lecampingsauvage.fr qui précise les éléments-clés à vérifier avant vos bivouacs.

2. Liste matériel et équipement bivouac

Voici une petite liste non-exhaustive et à adapter selon l’environnement et la saison

Réchaud gaz ou essence

Un des essentiels pour le bivouac en montagne ou trek ! On évitera les réchauds de camping doubles à 2 feux (trop lourds) au profit d’un réchaud léger et portable. On privilégiera aussi des modèles à forte puissance pour les périodes froides.

Informations à vérifier et comparer pour bien choisir

  • Réchaud gaz : puissance en watts, poids, type de cartouche
  • Réchaud essence à pression : puissance en watts, poids, types de combustibles compatibles et présence des adaptateurs

Faire très attention au choix du modèle de cartouche pour les réchauds à gaz, certains ne sont pas universels et vous pourriez vous retrouver en difficulté dans certains pays. Pour les réchauds à essence, bien vérifier la présence des adaptateurs pour adapter les différents combustibles.

L’indispensable : une petite boîte d’allumettes étanches, ou à minima un briquet dans une poche étanche

Popote camping

Privilégiez des solutions compactes, emboitables et idéalement durable. Pour la petite touche écologie privilégiez du matériel inox ou aluminium plutôt que du plastique. Certes un peu plus lourd, mais plus durable dans le temps. Enfin, prenez un mug métal pour vos boissons chaudes.

Pour l’eau

  • Gourde randonnée

Privilégiez des gourdes métal, elles sont certes plus lourdes qu’une poche à eau ou une bouteille en plastique, mais présentent l’immense avantage de la solidité. Cette solidité pourra vous garantir de ne pas perdre votre eau en cas de chute ou fuite de la poche ou de la bouteille en plastique. Et croyez en mon expérience, se retrouver sans eau dans le désert ou en montagne, ce n’est vraiment pas drôle. Enfin ces gourdes sont réutilisables, écologiques et durables.

  • Traitement de l’eau

Plusieurs options sont possibles pour traiter votre eau en trek ou en bivouac:

    • Faire bouillir l’eau : ca reste LE meilleur moyen de s’assurer une eau consommable. Filtrer tout de même l’eau si nécessaire à travers un textile par exemple.
    • Gourdes filtrantes : bien et pas bien… Compact, tout en un, léger et pratique. La filtration se fait en buvant; l’inconvénient si vous êtes plusieurs, c’est qu’il faut se passer la bouteille. Mieux vaut rester souder ! Ou en acheter une chacun, mais c’est un budget conséquent… Budget d’environ 40 euros
    • Pailles filtrantes : bonnes alternatives aux gourdes, moins cher (pour en avoir une chacun) mais moins pratique car non solidarisé avec la gourde. Possible de boire directement dans la rivière/lac. Budget d’environ 25 euros
    • Filtre à pompe : la meilleure solution selon moi. Un filtre manuel déporté permettant de remplir efficacement toutes les gourdes standard en une fois. Permets de filtrer de gros volumes si besoin et facile à nettoyer… Budget d’environ supérieur à 80 euros; Exemple filtre à pompe

L’indispensable : Solutions de désinfection pour purifier l’eau: pastilles (type micropur) ou gouttes. Que vous emmeniez ou non un filtre, prenez des systèmes de traitement chimique. Ça ne pèse rien et permet de se sécuriser en l’absence ou en complément du filtre. Bon on ne va pas se mentir, niveau goût ce n’est pas la joie… Personnellement je laisse infuser un peu de thé pour masquer le goût « chloré ». LE PLUS IMPORTANT : soyez très vigilants aux produits que vous achetez, différentes concentrations existent. Lisez bien la notice et respectez scrupuleusement les dosages/durés de désinfection !

bivouac dans la neige

Tapis de sol :

LE PLUS IMPORTANT. Si vous prévoyez de dormir en bivouac sur de longues et/ou périodes de basses températures, ne négligez pas le budget sur le tapis de sol ! De ce tapis de sol dépendra: votre sommeil et votre récupération à l’effort, mais surtout l’isolation thermique de votre corps et votre duvet.

Soyons clair un duvet -15°c sur un sol gelé ne sert à rien (matières isolantes écrasées=contact sol)! Le tapis de sol va créer le « tampon » thermique entre le sol votre duvet et vous. Il existe un indice permettant d’évaluer la classe d’isolation thermique du tapis de sol : le R-value. Pour faire très simple ici : plus l’indice est petit, moins la résistance thermique est bonne.

Exemple : pour un bivouac automne /hiver, on privilégiera un R-Value supérieur à 5. Le R value reste un indice pour choisir, mais la résistance thermique réelle dépendra de votre utilisation (matelas correctement gonflé…).

Il en existe d’innombrables modèles: mousse, autogonflants, gonflables, avec rembourrages latéraux … Chacun a ses qualités et ses défauts, plus ou moins lourds, plus ou moins compacts. À vous de voir quels critères sont plus importants pour vous, et quel budget vous voulez y consacrer. Personnellement j’ai choisis un modèle compact autogonflant et léger, au détriment du volume plié. Budget 50 à 500 euros suivant vos besoins.

Le sac de couchage:

sujet complexe et je suis loin d’être un expert sur le sujet. Néanmoins, voila mes conseils/retours d’expérience.

  • Sur la forme oubliez les formats rectangles pour les périodes froides, au profit de gabarits ajustés (sarcophages) pour un maximum d’isolation.
  • Préférez une ouverture la plus petite possible au niveau de la tête dans la même logique.
  • Coté température de référence, fiez-vous à la température « confort » pour choisir.
  • Duvet nature ou synthétique : le duvet est plus durable dans le temps et sera meilleur isolant. Son gros souci c’est l’humidité. Il est très compliqué de le sécher = prise de poids importante dans le sac… Les nuits à la belle étoile se réfléchissent… Inversement le synthétique se tassera dans le temps perdant ses propriétés, et est généralement plus lourd. Il est par contre moins sensible à l’humidité et séchera plus vite.
  • Choisir un modèle compact ou tout du mois compactable au maximum
  • Côté prix on trouve de tout pour chaque type, mais les duvets naturels seront généralement plus cher. Budget 80 à +500 euros

Le sur-sac :

Pas essentiel, mais un bon complément thermique, et surtout un bon moyen de garder votre duvet au sec, ou étanche pour les nuits à la belle étoile

Le drap de sac (sac à viande) :

Pas essentiel, mais permet de garder la propreté du duvet et limite son usure. J’ai personnellement investi dans un drap de sac aux fortes capacités thermiques, qui me permet de gagner théoriquement 15°c par rapport au duvet de base.

L’oreiller :

dormir la tête à plat sur le tapis de sol froid, certains aiment, pas moi ! Le dodo c’est la vie ! La solution simple : remplir le sac de duvet avec vos habits! Gratuit, confortable et vous garde les habits au chaud pour le matin (très très appréciable en hiver!).

La tente :

sujet épineux ! Il existe une multitude de modèles de tentes, toutes aussi bien les unes que les autres. Voici ce qui me semble cependant essentiel, et à garder en tête pour faire votre choix:

  • Les tentes sont catégorisées en « saison » par les constructeurs, de 1 à 4. ne vous ruez pas sur la 4 saisons d’office! Elle implique souvent un poids et un prix conséquent. L’objectif est de trouver le meilleur compromis pour votre usage, et la fréquence de bivouac, par saison.
  • En hiver plusieurs dizaines de centimètres peuvent s’accumuler sur votre tente. Le poids associé est conséquent et peut vite déformer ou casser votre tente. Je vous conseille donc d’opter pour un système autoportant (ne nécessite pas de sardines pour tenir en place) avec des arceaux de bonne qualité. En bref fuyez les tentes tunnel et les arceaux fibre de verre. Vous y perdrez en poids mais gagnerez en durabilité. Le concept autoportant s’avèrera également très utile sur les zones ou il est difficile de trouver de bons points d’accroche pour les piquets
  • Soyez très attentifs à la résistance de la toile du toit et du sol à la pluie. Certaines toiles entrée de gamme commenceront à gouter après seulement quelques heures. L’imperméabilité est mesurée en mètres de colonne d’eau (mCE). Les valeurs de références pour les tentes s’étalent de 1200 à 10000. Je vous déconseille de partir sur des tentes avec des résistances inférieures à 3000.
  • Privilégiez un modèle deux places et idéalement deux portes, même seul, le gain de place est un confort inégalable quand les conditions sont difficiles.
  • Un modèle avec chambre intérieure me semble aussi essentiel, pour l’espace de vie, la résistance et le maintien de la température
  • Modèle que j’utilise : SALEWA DENALI II TENTE

La lampe d’appoint :

je le mets en dernier car c’est le petit bonus confort, mais ô combien appréciable pour les jours de pluies ou les soirées d’hiver. Je vous recommande de miser sur un modèle compact à dynamo pour ne jamais tomber en panne de lumière.

L’indispensable : la couverture de survie. Ne partez JAMAIS sans. Elle porte bien son nom. Ça ne coute et pèse rien, et pourra peut-être vous sauver la vie ou celle de quelqu’un en difficulté.

L’indispensable bonus : Le petit jeu de cartes pour les après midi de tempête !

Ci-dessous la tente tunnel qui n’avait franchement pas apprécié les chutes de neige de la nuit… Arceaux tordus, que du bonheur!

bivouac dans la neige

3. Choisir son sac à dos randonnée et photo

Je ne vais pas m’étendre sur les caractéristiques techniques des sacs à dos, mais voila mon avis, et ce qui me semble important:

  • Quel volume ?
c’est la question qui revient le plus. On pourrait se dire qui peu le plus peu le moins ? certes, mais peu judicieux… ! Je vous déconseille vraiment de prendre un sac supérieur à 65 litres (hors trek en autonomie de très longue durée). Je pense que l’idéal se situe entre 60 et 65 litres. Se restreindre sur le volume c’est le meilleur moyen d’avoir un sac cohérent avec juste l’essentiel.

Au-delà de ce volume on charge, on charge et on se retrouve avec des choses non essentielles et un sac de 30kilos… Et vu le poids de base de nos sacs de photographes, mieux vaut faire attention. Second point :un sac plus gros c’est aussi un sac plus lourd par essence. Quelques centaines de grammes dont on se passerai bien.

  • Quel poids à vide ?
prenez idéalement le plus léger possible : moins de 2 kilos. Les modèles d’alpinismes sont parfaits: compacts, légers et solides, malgré que l’on perde le côté pratique. Le mien pèse 1.7 kilos pour 65litres, toile ultra fine, mais 4 ans d’existence, d’innombrables aventures et il ne bouge pas.
  • Coté pratique:
Idéalement étanche ou à minima pourvu d’une bonne housse pour les jours de pluie. Trouvez un modèle avec un maximum de poches et d’attaches extérieures. Toujours pratique pour attacher des choses ponctuellement. Pour les ouvertures sur un poids light on est souvent limité, une ouverture sur le bas est un minimum pour accéder rapidement au matériel. Trouvez un modèle ajustable, et surtout à votre taille ! Essayez le impérativement en magasin avant de l’acheter et idéalement chargé.

La dernière version du modèle que j’utilise : GREGORY STOUT 65 COAL GREY

4. Et le matériel photo dans tout ca ?

J’utilise un système d’insert depuis quelques années: des pochettes spéciales pour le matériel photo, qui se glissent dans ou se fixent sur le sac.Ces pochettes sont modulables et existent dans différents formats pour s’adapter au matériel et aux sacs.

Une bonne alternative aux sacs photos standard, pour petit budget !

Pour les prises de vue, j’utilise une attache rapide pour fixer le boitier sur l’une des bretelles du sac à dos. L’essayer c’est l’adopter !

J’espère que ces quelques conseils vous auront aidé à y voir plus clair, et donné envie de partir en bivouac !

bivouac au Kirghizistan